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Elections professionnelles : l’avancée du réformisme n’est pas une fatalité !

 
 
 

Article de Clément R. (JC Paris - Section Sud)

 

Les résultats viennent de tomber : la CFDT (26.37%) dépasse la CGT (24.85%) aux élections professionnelles. Les réformistes crient déjà au tournant historique et rêvent de l’enterrement définitif du syndicalisme de lutte. Pas si vite ! Le syndicalisme de lutte des classes est plus que jamais d’actualité en France, nous savons que tous les militants CGT le feront vivre sur le terrain, dans les entreprises et dans toutes les institutions où la centrale dispose de représentants élus. Analyse du scrutin.

 

Prendre acte des victoires du réformisme.  

 

N’ayons pas peur des faits. La CFDT, avec la ligne réformiste et collaborationniste de classe que l’on lui connait, vient de gagner ces élections. Sa progression n’est pas négligeable : +0.37% par rapport aux élections de 2013, soit 103 000 voix de plus. De l’autre côté, la CGT perd 2103 voix.

 

La CGT reste la première organisation syndicale de France

 

Rappelons cependant qu’il y a quelques semaines, le syndicat historique sortait grand vainqueur des élections dans les TPE. Par ailleurs, en cumulant les résultats d’aujourd’hui, les élections dans les TPE et dans le secteur public, la CGT reste largement en tête des organisations syndicales ! Le naufrage annoncé est donc à nuancer, d’autant que la CGT a dû faire face, depuis le mouvement contre la loi Travail, à une campagne médiatique assassine. Ces attaques contre le syndicalisme de lutte profitent évidemment aux syndicats jaunes, tels que la CFDT qui ont bien compris leurs intérêts en défendant la loi El Khomri.

 

CFDT récolte les fruits de sa collaboration active avec le patronat.

 

L’opportunisme paie. Grâce à la réforme de la représentativité syndicale, les organisations récoltant moins de 8% ne sont pas prises en compte. L’UNSA et Solidaires n’apparaitront donc pas dans les résultats finaux, et leur absence renforce d’autant la « représentativité » de la CFDT, qui passe à 30.32% (avec seulement 26% des voix). Ces 0.32% sont mortels pour les travailleurs. En effet, la loi El Khomri prévoit que tous les accords, en dehors des négociations concernant le temps de travail, seront jugées valides si ils obtiennent la signature d’organisations représentant plus de 30% des travailleurs. La CFDT peut donc signer seule les accords au mépris des 70% de salariés qui ne l’ont pas élue. Voilà la démocratie dans l’entreprise telle que la voient Valls, Macron et El Khomri.

 

La CGT, première dans la lutte !

 

Cette victoire de la CFDT ne laisse pas de surprendre quand on sait que 70% des Français étaient opposés à la loi Travail, soutenue par ledit syndicat. Evidemment, l’opposition à cette loi ne vaut pas adhésion au projet de la CGT, mais, malgré les campagnes de diffamation à son égard, il faut constater que c’est bien la centrale qui a tenu debout le mouvement social et assumé un rôle d’impulsion dans l’intersyndicale jusqu’à aujourd’hui, puisque la lutte continue dans les entreprises.

Sur le terrain, la CGT reste le moteur des luttes sociales. De la défense des bureaux de Poste à la mobilisation pour les retraites le 30 mars ; du MIN de Rungis à EDF, de l’hôpital public à l’industrie, les 680 000 syndiqués CGT font vivre ce syndicalisme de classe, seul à même d’apporter une amélioration immédiate des conditions de travail, de vie et de rémunération de tous les travailleurs.

 

La CGT aura, dans les mois à venir, un rôle historique.

 

Quel que soit le résultat des élections à venir, les syndicats vont avoir du pain sur la planche. Que ce soit pour appuyer la mise en œuvre des mesures d’avancées sociales contre les résistances du patronat – dans le cas d’une victoire de notre camp – ou, plus probablement, pour défendre les conquis sociaux et les services publics contre les attaques du libéralisme, de la droite extrême ou de l’extrême-droite.

 

Nous voulons dire toute la confiance et tout le soutien que nous lui apportons dans cette lutte qui est aussi la nôtre.

 

 

 

 

 

Elections professionnelles : l’avancée du réformisme n’est pas une fatalité !