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Formation sur l'Union Européenne et l'Ukraine

 
 

le 22 avril 2014

 
 

 

CR Formation sur l’Union Européenne et l’Ukraine

9 mars

Charlotte Balavoine

 

I. Union Européenne

 

Dans les années 1950, ce sont Jean Monet et Robert Schumann, entre autres, qui promeuvent l’idée d’une Union Européenne. Pendant la seconde guerre mondiale, ils ont collaboré avec les nazis et essaient de se racheter une virginité avec ce projet. Les Etats Unis soutiennent ce projet (y compris financièrement) pour des raisons politiques (étendre leur emprise en Europe, guerre froide).

 

Histoire de l’Union Européenne :

1951 : Communauté du charbon et de l’acier 

1957 : CEE. Institue un marché européen et définit les bases de la PAC (Politique Agricole Commune).

1965 : Traité de Bruxelles qui crée une commission européenne et un conseil européen.

1986 : L’Acte Unique, qui consolide les institutions et le projet européens.

1991 : Traité de Maastricht.

2007 : Traité de Lisbonne, malgré le rejet de la constitution européenne par les Français en 2005.

 

L’idée d’une UE au service des peuples est impossible, dès sa création, l’UE n’a servi qu’à servir l’intérêt de quelques-uns (sur des bases économiques et libérales), qui s’inscrit contre l’idée de « l’Etat providence ». Cf « Quelle société voulons nous ? », texte de congrès du MJCF de 2010 ET résolution sur l’UE votée au dernier conseil national du MJCF. (Tout est sur le site du MJCF)

 

Notre rôle est de pousser les contradictions (amendements, dépôts de résolution, communiqués, luttes sur le terrain). Certains pays vivent une crise humanitaire (Grèce, exode en Espagne et au Portugal), il faut montrer que la politique actuelle de l’UE n’est pas viable. Nous devons également porter une autre voie, c’est à ça que servent nos élus ! Et ces élus servent également à nous informer de ce qu’il se passe dans les institutions européennes et de la manière dont elles fonctionnent.

 

Quel projet alternatif doit-on porter ? Il nous faut des coopérations économiques et solidaires. En 2010, la CELAC a été créée en Amérique Latine (tous les pays d’Amérique sans le Canada et les Etats Unis). Cette communauté est très hétérogène politiquement, mais elle s’est construite sur les objectifs pour le millénaire de l’ONU (lutte contre la pauvreté et l’analphabétisme, pour un système de santé et d’éducation accessible à tous) et non sur des bases libérales comme l’UE. Le Venezuela a racheté la dette de l’Argentine, ce qui a permis à l’Argentine de sortir la tête de l’eau. Ces politiques alternatives doivent nous inspirer et nous aider à montrer qu’il est possible d’agir autrement.

 

Plusieurs enjeux dans ces élections européennes :

l’abstention.

la montée en puissance des forces d’extrême droite.

Les communistes et autres progressistes ont un groupe au parlement qui a une certaine assise au parlement européen, il est possible qu’il devienne troisième groupe parlementaire.

 

Pour former un groupe au Parlement Européen, il faut avoir au moins 25 députés venant d’au moins 6 pays différents. Avoir un groupe permet d’avoir des fonctionnaire européens, du temps de parole en plus, etc. Le dernier groupe d’extrême droite au Parlement Européen a éclaté. Cela dit, pour ces élections européennes, on pense qu’ils peuvent avoir au moins 39 députés. De plus, il existe beaucoup de mouvances d’extrême droite au Parlement. Et le Parlement est très à droite en général.

 

Depuis le traité de Lisbonne, le Parlement est co-législateur des politiques des Etats membres. Les directives européennes sont décidées par le Parlement, le Conseil Européen et la Commission Européenne (trilogue). Le Conseil et la Commission ont le dernier mot. Donc avoir la majorité au Parlement ne changerait pas les institutions. Cela dit, ça voudrait dire qu’une majorité d’Etats membres se positionnent pour une politique alternative, et ça pourrait faire évoluer les politiques de ces Etats membres.

 

Lobbies : ONG dans le domaine des droits de l’homme, les grandes entreprises au niveau des transports et de l’industrie. Ils sont sollicités par l’UE pour faire des auditions au Parlement Européen etc. Avant chaque session parlementaire, les parlementaires français reçoivent une lettre du Medef qui explique sa position. C’est le cas de tous les grands groupes (Total, Renault, …).

 

Traité Transatlantique : catastrophe au niveau social et économique (les USA veulent un accord d’échanges renforcé avec l’Europe), au niveau écologique (entrée des OGM, etc) ? Ca ne toucherait pas la culture (cinéma etc) et certains produits régionaux locaux (fromages, …). Le scandale des écoutes américaines (les Etats Unis ont secrètement espionné de nombreux citoyens européens) a freiné les négociations. Mais là, les négociations ont repris, c’est très flou, elles se font sans le Parlement Européen. Les Verts et la GUE sont les seuls à avoir voté pour la suspension du traité.

 

GUE : Groupe de la Gauche Unitaire Européenne

1989 : à l’initiative de plusieurs partis (Sinaspismos, Esquierza Unida, Rifondazione) décident de quitter le groupe Communistes & apparentés et de créer la GUE. Le PCF faisait partie du groupe Communistes & apparentés.

1994 : Congrès du PCF, Robert Hue entame la refondation. Une des premières décisions prises est de se fondre dans la GUE. Tous les autres partis sont trop faibles et rejoignent la GUE. Suite à l’adhésion des pays nordiques, des partis « gauche verte » (écologiques) joignent la GUE.

C’est le seul groupe à avoir voté contre l’austérité mais les politiques sont très divergentes.

 

Parti de la Gauche Européenne (PGE)

Créé en 2004. Il vient de l’idée de l’Eurocommunisme née dans les années 1970.

1979 : premières élections directes pour le Parlement Européen (avant, c’étaient les députés nationaux qui y siégeaient).

1991 : idée de refondation des Partis Communistes (s’ouvrir à la gauche anticapitaliste, …).

Pierre Laurent est actuellement président du PGE, depuis 2010.

Le PGE est financé par les institutions européennes (cela nécessite un certain nombre d’adhésions de députés européens chaque année).

Certains partis Communistes ont refusé de rejoindre le PGE (PCP, KKE notamment), principalement parce qu’ils sont contre une idée d’ouverture et préfèreraient garder un parti ouvrier.

C’est un rassemblement de partis. Il y a un comité exécutif (sorte de Conseil National). Le PGE se réunit également en assemblée générale ou congrès. Des textes sont distribués aux partis membres, les partis les amendent avant l’assemblée générale ou le congrès.

 

Mélenchon

C’est au niveau européen que ça se passe le moins mal avec lui.

Au dernier congrès du PGE, toute la ligne du PG est passée au niveau politique. Grâce à ce coup de force politique, ils ont essayé de désavouer Pierre Laurent à la présidence du PGE. Le PG est extrêmement fort dans l’analyse et la critique des institutions. Le problème, c’est qu’on a de grosses divergences politiques avec le PG en ce qui concerne les solutions et l’alternative à porter. Le PG demande par exemple de revenir à avant le traité de Lisbonne. Le problème, c’est qu’il resterait de nombreux accords et traités libéraux (Maastricht, Nice, …), ça ne changerait pas grand-chose. A noter également que la plupart des grandes pontes du PG qui sont restées longtemps chez les Socialistes ont voté pour le traité de Maastricht à l’époque…

 

Négociations PG/PCF sur les Européennes

Le PG ne veut pas reprendre les négociations avant le premier tour des municipales. Pour l’instant, les discussions se font uniquement sur les candidats, la répartition des circonscriptions et l’organisation de la campagne. Il n’y a pas de discussion de fond politique.

Le PCF veut reconduire les sortants (Mélenchon, Vergiat, Le Hyaric et Hénin).

Le PCF souhaite également que chaque parti finance sa propre campagne (pour ne pas refaire comme aux présidentielles).

 

II. La situation en Ukraine

 

Dans les années 1917-1920, il y a eu un affrontement gigantesque en Ukraine. Le parti bolchévique se crée, l’Ukraine est rattachée à l’empire russe. L’Ukraine déclare son indépendance en 1918. Toute une offensive des Occidentaux est menée, cela se traduit par une vraie guerre civile.

Il y a toujours eu beaucoup de clivages nationaux dans ce pays.

CF l’acier fut trempé, un très bon roman paru récemment sur le contexte de l’époque.

 

Il y a 45 millions d’Ukrainiens actuellement en Ukraine, il y en avait 53 en 1993, il y a eu un fort exode. Il y a actuellement 17% de Russes et 4% autres (roumains, moldaves, juifs, …).

Ce pays est totalement divisé au niveau culturel et identitaire.

De 1989 à 1999, le PIB de l’Ukraine s’est effondré. IL est un peu remonté avant 2008, puis diminue depuis la crise chaque année.

Le salaire moyen est de 250€ par mois, la retraite en moyenne de 90€ par mois. Le pays est quasiment en faillite. Plus de 40% de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Des Capitalistes et anciens communistes se sont accaparés les ressources naturelles depuis la chute de l’URSS : grosse oligarchie, très marquée par la corruption (pro-russe d’un côté, pro-occident de l’autre, qui échange parfois les rôles). Il y a un mécontentement global de la population.

 

Le Parti Communiste Ukrainien était la majeure force politique du pays jusqu’en 2006. En 2006 a lieu la « révolution orange ». Des élections présidentielles ont lieu, de forts soupçons de fraude et de corruption ont lieu. Un soulèvement a lieu. Mais Washington et l’UE ont avoué avoir soutenu financièrement les protestataires. S’en suit un gouvernement corrompu (dans lequel Iulia Timochenko était), qui mécontente beaucoup le peuple.

 

Novembre 2013 : l’Ukraine déclare banque-route, il lui faut trouver des financements. Le gouvernement gèle l’accord d’association qui devait être passé avec l’UE. De l’autre côté, la Russie promet beaucoup de choses au gouvernement ukrainien.

De grosses manifestations ont lieu à Kiev. Ce ne sont pas des mobilisations spontanées, elles ont été fortement financées par des forces étrangères mais rejointes par une partie de la population mécontente.

 

Sbodova est un pays d’extrême droite, néo-fasciste et néo-nazi (ostensiblement), violent. Actuellement, il est au gouvernement avec 4 ministres.

 

75 manifestants sont tués en janvier 2014 dans des manifestations (parmi les pro-européens).

En février 2014, l’ancien président (Ianoukovitch) fuit Kiev et des rumeurs de démission circulent. Le président dément et crie au coup d’état mais le nouveau « parlement populaire » vote la démission du gouvernement. Cela dit, chose louche : plusieurs députés n’ont pas eu le droit de voter, d’autres députés absents le jour du vote ont pu voter quand même.

 

Pour la Russie, l’Ukraine est un enjeu géopolitique très fort puisque certaines ressources naturelles (pétrole par exemple) passent par l’Ukraine avant d’être acheminées en Russie.

 

La Crimée : il y a une majorité de Russes. Elle a été cédée par Kroutchev à l’Ukraine sous l’URSS. Finalement, à la chute de l’URSS elle devient une république autonome de Crimée, mais toujours rattachée à l’Ukraine. La Crimée souhaite organiser un référendum le 30 mars prochain, qui, on le sait, aboutira probablement à un rattachement de la Crimée à la Russie. Cela explique pourquoi l’UE dénonce cette idée de référendum, qui va soi-disant contre le droit européen.

 

Il faut savoir que les Etats Unis font tout pour éviter que la Russie retrouvent une hégémonie en Europe, en craignant qu’un nouvel empire russe ne naisse à nouveau.

 

Le premier danger existant est la partition du pays entre l’Est (pro-UE) et l’Ouest (pro-russe). La partition permettrait aux grand groupes européens et russes de mettre la main sur les ressources de l’Ukraine !

 

Les médias occidentaux ont tendance à présenter les pro-européens pour des gentils démocrates. Ils reviennent un peu là-dessus car certaines vérités ont éclaté (discours racistes et nationalistes, portraits d’Hitler, …) mais s’en accomodent très bien.

 

Le Parti Communiste d’Ukraine est dans une position compliquée. Sbodova et d’autres groupuscules néo-fascistes souhaitent interdire le PCU. Des locaux du PCU ont été dégradés, des dirigeants attaqués ou torturés. Le PCU revendique actuellement un pays réellement indépendant, avec la reconnaissance de la langue russe comme une des langues officielles (état binational mais unifié) et la reconnaissance des minorités.

 

L’UE a instrumentalisé la situation en Ukraine et le mécontentement de la population pour des raisons géopolitiques. Elle avait probablement mal calculé la réaction de la Russie qui a mis en marche son armée. Cela dit, un conflit armé a peu de chances de se produire, les discussions et la résolution du conflit se feront probablement sur le plan diplomatique entre la Russie et les Etats Unis.

 

Il est nécessaire de couvrir la question de la corruption, d’étudier les financements internes et externes des mouvements de protestation, de revendiquer le besoin de mener une enquête indépendante là-dessus !