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Forum-Débat : Quelle transition vers une société communiste ?

 
 

le 04 juillet 2013

 
 

Socialisme : réforme sociale ou révolution ? Quelle transition vers une société communiste ?

Forum-débat organisé par la section Nord-Ouest le 3 juillet 2013.

Rémi Castay

C’est un sujet important en cette période car on est en pleine remise en cause des conquêtes sociales, de casse du travail. Nous assistons à un discours de division du salariat, à un redéveloppement de guerres impérialistes depuis quelques années notamment en France : Côte d’Ivoire, Lybie, Syrie, Sénégal, Mali. Nous avons une nécessité de changer le mode de production actuel pour passer à une autre société. Nous avons une nécessité de changer un système qui brise la vie des gens : le capitalisme. Nous avons donc la nécessité du socialisme. Nous devons donc réfléchir aux leviers et aux moyens pour y arriver.

Qu’est-ce que le socialisme ? Qu’est-ce qu’une réforme sociale ? Qu’est-ce qu’une révolution ? Le socialisme doit avoir une définition vivante, qui bouge, qui s’adapte aux conditions réelles. Voyons un petit peu comment la JC peut se saisir de ces thèmes pour se saisir des enjeux de la classe ouvrière. Comment elle peut se saisir de ces thèmes pour réfléchir son activité concrète, comment prendre position sur tels sujets, quels mots d’ordre etc… Comment se servir pour le travail quotidien de ces notions difficiles ?

 

Il faut cesser les points d’exclamation dans les luttes. Les coups d’éclats sans suite. Le socialisme dont on parle n’est pas le socialisme de l’URSS. Lénine disait de se méfier des slogans. On ne brandit pas le socialisme sans réflexion. Le marxisme, comme méthode de travail, demande de l’étude, du travail, des efforts. Dans le débat qu’on va avoir, si on veut aborder le socialisme, on ne doit pas penser de façon bipolaire : socialisme n’est pas égal à URSS et les camarades qui ne sont pas d’accord ne sont pas forcément des sociaux démocrates.

 

Quelle est la différence entre le socialisme et communisme ?

 

On ne peut pas vraiment s’appuyer sur Marx pour parler du socialisme, il n’en parle pas en tant quel. Mais il distingue deux temps dans le communisme. Lénine distinguera le premier temps comme celui du socialisme et le second temps comme celui du communisme.

 

Dans le temps de la prise du pouvoir par la révolution, il y a l’idée qu’on sort directement du capitalisme. On est dans la prise des moyens de production. Le communisme se fait sur des générations, il prend beaucoup plus de temps à se mettre en place. Si on prend le pouvoir et qu’on bâtit le socialisme, il faut accepter que nous avons un gros travail à faire pour nous sortir de notre éducation bourgeoise. Il y a besoin du temps pour changer les valeurs. Si on veut passer de la concurrence à la coopération, ça met beaucoup de temps. Le capitalisme pour s’imposer a aussi mis des siècles à y arriver.

Malgré tout, à titre personnel, je pense qu’il y a une pertinence à utiliser le mot socialisme. On pourrait dire qu’on revient à Marx et qu’on parle de communisme en deux phases. Mais la notion de socialisme si on la définit comme une phase temporalisée est utile. Le socialisme s’organise en fonction du réel. Aucun socialisme ne ressemblera à un autre. Le socialisme de Cuba a un passé et une histoire propre. Ces méthodes dans leur entièreté ne pourront jamais s’appliquer en France. C’est ce que disait le PCF à la sortie de la guerre. Le PCF pourra passer par les votes, par la voie parlementaire pour gagner le pouvoir. C’est ce que disait le PCF à la sortie de la guerre. Le socialisme est intéressant car il permet de ne pas être dans l’utopie avec un communisme tout de suite pour tous, mais de faire appel à la science et aux analyses et d’accepter le temps long de la révolution.

 

Réforme sociale : le PS fait une réforme des retraites. Pour moi c’est une contre-réforme. Tout le monde fait des réformes dans ce cas-là. C’est un abus de langage. On ne dit pas aux salariés qu’on va détruire les retraites on leur dit qu’on fait une réforme en faisant penser que c’est progressiste. Le PS n’est pas un parti réformiste. C’est un parti libéral qui participe à l’action du capitalisme. Ce n’est plus le parti de Mitterrand qui réclamait plus d’Etat. Aujourd’hui il clame des réformes qui n’en sont pas. Qu’est- ce que le réformisme alors ? Ce sont des progressistes qui prétendent qu’il est possible d’assurer le passage au communisme par le moyen de réformes partielles. Ils procèdent par petites touches par ci par là. On est d’abord dans l’amélioration et puis avec des réformes graduelles supplémentaires on pourra arriver au socialisme.

 

Le mouvement révolutionnaire s’oppose à cette version. C’est vrai on permet aux salariés de vivre mieux. On ne crache pas dessus. Mais ces acquis là sont toujours limités dans le temps parce qu’ils ne s’attaquent pas à la racine du problème, au capital. Ils font des ponctions intéressantes mais ils oublient quelque chose : la question du prise de pouvoir claire. La capacité à éradiquer le capitalisme. Les révolutionnaires affirment clairement qu’il y a une nécessité de prise de pouvoir de l’Etat. Ce ne sont pas les réformes successives qui permettront dans un rapport de forces toujours remis en question de changer les choses. On rentre dans une phase où on attaque avec la puissance d’Etat le capitalisme. Mais il ne faut pas opposer bêtement réforme et révolution.

Le révolutionnaire dans le mouvement des retraites n’est pas celui qui clame avec un tract « on s’en fout de la réforme des retraites vive le socialisme ». ça c’est un gauchiste. S’il y a un mouvement sur les retraites, on fait un tract sur les retraites. Mais il faut aussi intensifier la lutte pour ne pas se satisfaire d’une lutte, puis d’une autre lutte. En quoi cela permet-il de renforcer le pcf et la jc ?

La question : pour nous qui voulons le socialisme le communisme l’intérêt c’est d’articuler les deux. Dans le combat pour la lutte pour des réformes il faut fixer les objectifs de telle manière qu’ils permettent de renforcer le camp de ceux qui veulent la révolution. Exemple concret avec les retraites : il y a un déficit de 20 milliards. On peut dire que la fraude fiscale si elle était réglée règlerait la question. Ou autre. Ou alors on dit qu’il manque 20 milliards et qu’on propose de recalculer le taux de cotisation. Il y a une pension, la cotisation sociale, une part sur les salaires et une part payée par les patrons, et c’est cette partie qui sert à payer les retraites. On propose d’augmenter la part sur le travail. On peut donc se servir de la richesse produite par le travail pour financer les retraites. On peut financer un système de retraites sans avoir besoin de passer par le capitalisme. Le fruit de notre travail collectif nous le permet.

Spécificité du mouvement de jeunesse quel est-il ? Quelle est sa place dans le mouvement révolutionnaire ? La jeunesse peut être un symbole de l’unification du salariat. On dit souvent que ce n’est pas aux jeunes de s’occuper des affaires qui concernent les travailleurs. La jeunesse doit revendiquer qu’elle est solidaire de ceux qui travaillent déjà. C’est important. Le mouvement CPE a bien fonctionné parce que c’était un mouvement de jeunesse auquel la CGT a pu se raccrocher. Le mouvement des retraites s’est cassé la figure parce qu’il manquait des jeunes. Le faire comprendre à vous et à vos amis est important. La solidarité avec les grévistes est importante. La jeunesse est un outil pour le salariat en devenir. On a des lycéens étudiants JT qui ont des parcours et des vies différentes. La JC est un mouvement d’éducation populaire et d’émancipation. Elle unifie la future classe ouvrière qu’elle est en solidarité avec celle existante. La JC est aussi un lieu d’apprentissage : débats, formations, travailler sur le marxisme. On doit se poser les questions comme la paix, comme la défense de la patrie, de la république. Quel est notre rapport avec la France ? Faut-il avoir un drapeau français en manif pour dire que la France ne doit pas être écrasée par l’UE ? Jusqu’où peut-on aller ? Ce sont des débats qu’on doit résoudre en tant que jeunes. Comment attaquer le FN sur cette question ? La JC est un lieu de sensibilisation des masses, des jeunes. Le sport est un moyen comme le foot en France ou le rallye en Belgique. En même temps on se bat sur des luttes concrètes pour de nouveaux droits. Il y a une nécessité pour les jeunes de se demander ce que la jeunesse veut pour son avenir dans sa globalité sans faire de jeunisme. Comment on pose les questions et formuler les revendications qui nous permet de renforcer le camp révolutionnaire et de travailler avec d’autres organisations ? Faut-il plus de profs dans les écoles ? N’y a-t-il pas d’autres plans à défendre ? Faut-il augmenter simplement les bourses ?

Pour conclure, l’un des intérêts de la jeunesse communiste est de lutter pour de nouveaux droits, d’autres manières de travailler grandir s’épanouir. Le travail de réflexion est indispensable.

 

Fabienne Dos Santos

A un moment ou un nôtre, vous travaillerez si ce n’est pas déjà le cas.

Quand j’ai commencé à travailler, j’ai connu les TUC (sorte d’emplois d’avenir de maintenant…). C’est ma génération qui a expérimenté ce genre de choses. Les premières batailles en tant que jeunes travailleurs je les ai connues en tant que jeune chômeuse contre les TUC.

Le syndicalisme lutte directement contre le patron, celui qui fait le chèque à la fin du mois, celui qui peut vous virer. Ça impressionne lorsqu’on doit aller négocier avec. Il y a une période d’adaptation. Les premières fois sont difficiles, la vie est un combat.

Les moyens d’information sont kidnappés. Très peu de personnes savent ce qu’il va se passer, on a eu l’exemple sur l’ANI. Les gens ne savaient pas ce dont on parlait. La télévision ne dit pas tout et elle déforme. On dit charges patronales et pas cotisations salariales par exemple. JE cotise pour avoir plus tard une retraite basée sur la solidarité. Ce n’est pas une charge. C’est un salaire différent et différé. Cet argent c’est le mien. Ce n’est pas le patron qui fait la production. Mon patron est milliardaire. Il ne se lève pas à 5h pour soulever 20 kilos par 20 kilos. Lui, il réfléchit et distribue le travail. Il n’y a pas de coût du travail, il y a un coût du capital.

Le syndicalisme a perdu pas mal de combattivité. Les syndicats essayent de conserver quelque chose plutôt que de se battre pour autre chose. Toutes les conquêtes sociales on les a arrachées. Ce n’est pas la gentillesse du patron. Les patrons quand ils cèdent c’est qu’ils n’ont plus le choix. Ce n’est que de la conquête. Et ce qu’il donne, il arrive parfois à le reprendre malheureusement. Mais quand les gens luttent ensemble, ils apprennent à se connaitre. Il y a au moins quelque chose de gagné : la confiance entre les travailleurs et le rapport de forces. Quand un patron voit un grève, il voit qu’il y a deux camps et que quelque chose ne fonctionne pas dans leur entreprise.

La solidarité qui existe entre des travailleurs en lutte est exceptionnelle. Le front des luttes est l’une des choses qui fait espérer qu’il puisse y avoir quelque chose qui se monte petit à petit. Tout à coup les gens ont pris conscience qu’en effet il y avait la crise mais bon depuis quand la crise ? On m’en parle depuis mes débuts. Ce n’est pas nouveau. Elle est tout le temps là. Mais les gens quand ils ont vu qu’il y avait des attaques contre le travail ils se tournent vers la CGT et front de luttes, pas vers la CFDT etc… Aujourd’hui à la CGT on n’a jamais vu autant de cadres et d’agents de maitrise venir se syndiquer. Ils savent avec qui aller. Toutes les semaines on voit ces travailleurs arriver. Il y a aussi des jeunes qui viennent. Il faut que tout le monde soit là et se batte.

Beaucoup de jeunes camarades travaillent sont au PCF ou à la JC et ne sont pas syndiqués. Comment tu luttes directement contre ton patron ? C’est bien les tracts dans la rue mais où est la lutte directe ?

 

 

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