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Conférence Femmes et Travail

 
 
 

Compte-rendu de la conférence "Femmes et Travail", organisée dans le cadre de la semaine du féminisme par les Etudiants Commnistes de Paris.

 

Conférence Femmes et Travail

20 mars 2013 – UEC Paris – Censier (Paris III)

 

1. Françoise, Organisation Femmes Egalité pour l’émancipation et le progrès social.

- Femmes Egalité n’est pas une organisation syndicale. Le but est de soutenir les travailleuses en lutte, d’aller aux piqués de grèves, d’aider les femmes à s’organiser. Exemple de luttes menées : travailleuses de Monoprix à Paris, caissières de Carrefour Market à Paris, travailleuses des 3 Suisses en Ile de France. En ce qui concerne les travailleuses sans papiers, il y a une collaboration avec la CGT.

- Plan d’austérité du gouvernement Hollande : temps partiels imposés, bas salaires, contrats précaires, etc. Les femmes sont au premier plan. Les temps partiels sont quasiment la norme dans les domaines féminisés : services à la personne, propreté, ... Et surtout, ce sont des emplois peu ou pas qualifiés, où les compétences ne sont pas reconnues, où les salaires sont bas et stagnent. A côté de ça, le gouvernement fait cadeau de 24 millions d’€ aux entreprises.

- 2013 : 28% d’inégalité salariale entre hommes et femmes, en 2012 elle était de 27%.

- Commission Genres de Attac, CGT, Femmes-Egalité, CNDF (Collectif National pour le Droit des Femmes): réclament l’égalité salariale et militent dans ce sens Appel écrit par ces organisations pour revendiquer cette égalité.

- De nombreuses structures syndicales soutiennent Femmes-Egalité: les Unions Locales, Unions Départementales principalement CGT + soutien politique du Front de Gauche.

- Régulièrement, Femmes-Egalité fait de grosses diffusions de tracts devant les centres commerciaux : de 30 à 80 personnes (plusieurs organisations) avec prise de parole et signatures de l’appel (12 000 signatures à ce jour).

- ANI (Accord National Interprofessionnel): casse le code du travail, flexibilise l’employé. L’ANI fixe le minimum d’heures par semaine à 24 heures, sauf que les possibilités de dérogations sont infinies. L’organisation se mobilise fortement contre cet accord !

- Appel des féministes du Front de Gauche à venir : « femmes debout contre la précarité, refusons de trinquer ! » grande marche dans Paris le 9 juin.

 

2. Caroline Bardot, conseillère régionale dans le 92 et inspectrice du travail

- Les hommes siègent dans 80% des Conseils d’Administration d’entreprises.

- Il y a un baromètre de la perception des discriminations dans le travail qui sort tous les ans : la question du sexe et de la maternité viennent en premier, puis l’âge, puis la question de « l’origine ».

- Il existe déjà de nombreux textes forts pour l’égalité sociale et professionnelle mais la réalité ne suit pas.

- Depuis 15 ans, on a le même taux de sous-emploi féminin en France, depuis 2003 ce taux est en constante augmentation.

- Le salaire de la femme est souvent perçu comme un salaire d’appoint, les stéréotypes persistent (la femme a la charge de la famille, des enfants, …).

- Le temps partiel est souvent fortement subi, avec des emplois peu qualifiés. Les temps partiels choisis concernent des femmes qui ont fait des études en majorité.

- Propositions du FdG et du PCF : interdiction ou quotas de temps partiels, hausse des bas salaires des femmes précaires. A travail égal, salaire égal. Les femmes travaillent moins que les hommes (15% de temps en moins). L’écart de salaire est le plus fort chez les cadres. Depuis le début des années 1990, l’écart de rémunération ne se réduit pas.

- Carrière des femmes : question du plafond de verre femmes moins promues et souvent moins en postes à responsabilités. Femmes dans les CA : 6 à 8%. Nombre de femmes dans les comités de direction : 8%.

- Qu’est-ce que l’« égalité de traitement » ?

  •  l’absence de discrimination (travail à valeur égale, salaire égal).
  •  pour les femmes enceintes : retrouver son poste ou un poste équivalent après l’accouchement, mêmes augmentations que les autres pendant le congé maternité.
  •  représentants du personnel : droit de regard et de négociations, dans les boîtes avec syndicats il doit y avoir un accord sur l’égalité professionnelle seuls 7,5% des entreprises en ont signé un en 2010.

- Ségrégation des femmes dans certains métiers : administration, enseignement, vente, santé, propreté, services à la personne.

- Dans le cadre de son travail d’inspection, Caroline a enclenché une démarche dans la région Ile de France (travail de 6 ans) : 1 rapport sur le service public de l’eau et 1 rapport sur l’égalité hommes-femmes voté en décembre. Plusieurs mesures proposées. Question de la division sexuée du travail. Campagnes de sensibilisations dans les lycées et les CFA (filières masculines notamment), obligation de formations professionnelle des jeunes apprentis et des demandeurs d’emplois. Campagne pour l’arrêt des pubs sexistes dans les transports. Ecriture masculin-féminin dans tous les textes officiels (= féminisation des textes).

- Inégalités entre les femmes qui ont fait des études (métiers qualifiés et « masculins ») et la grande majorité de femmes cantonnées à des professions très « féminisées » et peu reconnues. De plus, les écarts de salaires entre les femmes sont plus grands que les écarts entre les hommes.

- Besoin de lutter contre le patriarcat, l’idéologie dominante, les stéréotypes. On ne peut pas se satisfaire d’un ministère du droit des femmes si il n’est pas assorti de moyens et de mesures concrètes pour améliorer la situation des femmes dans la société.

 

3. Hélène Bidard, élue au Conseil de Paris

- Retraites des femmes inférieures de 47% à celle des hommes (salaires, choix de carrière, progression de la carrière, maternité, …) !

- Familles monoparentales : 30% à Paris, + de 90% de ces familles monoparentales sont des femmes. - Les femmes sont les premières à utiliser les services publics pour survivre.

- Féministes des pays nordiques : le combat sur la parité ne leur semble pas essentiel, pour elles ce sont les crèches et les structures d’accueil des enfants qui sont super importantes.

- Dans la fonction publique et territoriale, malgré le statut de fonctionnaire et le passage des concours, l’égalité hommes-femmes n’est pas assurée, les femmes ne sont pas forcément en sécurité.

- Engagement de Nadjat Vallau Belkacem le 8 mars pour sanctionner les entreprises qui discriminent les femmes quelles mesures concrètes seront mises en place ? Le PCF demande des sanctions financières pour que l’égalité progresse réellement.

- Paris : les élus communistes souhaitent que la mairie impose aux entreprises de signer des accords d’égalité professionnelle effectifs (par la menace financière notamment). Fatima Lalem (adjointe aux femmes à la mairie de Paris) : volet sur l’insertion des femmes dans le monde du travail via la formation (notamment dans les quartiers populaires), incitation à la création d’entreprises. Mais le statut d’auto-entrepreneur peut être un danger car il incite à retourner à la maison, ces auto-entreprises sont pour la plupart à pertes, les femmes ne sont pas réellement insérées dans le monde du travail.

 

Adresse mail : feminisme@paris.pcf.fr

 

Débat

- nombreuses grèves au sein de la mairie de Paris : emplois précaires auxquels on promet une titularisation mais ces promesses ne sont pas réalisées.

- ERDF : conventions malignes détails discriminants dans les textes, négociations qui font reculer le droit des femmes.

- Question de l’accès aux soins et notamment aux centres IVG : concerne aussi les hommes !

- Femmes utilisées comme des objets : publicités.

- Question sur les travailleuses du sexe. Comment considérer cela comme un travail (puisque pour la majorité des femmes ce n’est pas un choix) ? L’association Femmes-Egalité n’est pas pour une pénalisation des clients mais plutôt pour une criminalisation des proxénètes et l’abolition de la prostitution à long terme. Le PCF est sur une position abolitionniste : les prostituées sont des victimes, il faut tout faire pour les sortir des réseaux mafieux. De très nombreuses prostituées sont des femmes sans-papiers, en situation de grande faiblesse, elles n’ont aucun recourt pour se défendre.

- Les femmes ont soi-disant des « vertus naturelles » (pour leurs corps, les enfants, les soins etc), ces stéréotypes participent à la discrimination.

- Question sur les constats de Caroline Bardot dans le cadre de son métier d’inspectrice :

  • la plupart des cas plaignants sont des femmes à temps-partiels. La plupart sont des familles monoparentales, elles subissent des temps partiels avec souvent plusieurs employeurs. Il y a également beaucoup de femmes qui sortent de congé-maternité. En ce qui concerne les femmes qui font des soins à la personne, les employeurs ne paient pas forcément les trajets, or c’est un droit qui leur est dû !
  •  la priorité de Caroline est d’informer les femmes qui viennent dans son bureau de leurs droits.
  • la procédure de « condamnation » des entreprises qui ne créent pas de négociations sur l’égalité professionnelle est très longue, très complexe, plein de rebondissements administratifs.
  • Caroline mène des procédures de condamnation : c’est très dur d’obtenir de vraies condamnations des entreprises. On doit vraiment se battre pour une réelle pénalisation des entreprises qui discriminent : ce sont des criminels, la société doit le reconnaître !
  • l’inspection mène aussi un travail sur la reconnaissance de la valeur des femmes : les employeurs doivent s’adapter aux employés, ce n’est pas l’employé qui doit s’adapter aux exigences du patron (exemple : le port de charges lourdes). Exemple : La poste a baissé le poids des charges (courriers, colis) afin que le travail s’adapte à tous (et notamment aux femmes).
  •  il y a un manque réel de moyens pour l’inspection du travail : dans tous les domaines, dans tous les secteurs.

- Congé maternité : un mois avant l’accouchement, 2 mois après l’accouchement. Congé paternité : 12 jours. Il y a également un congé parental de 6 mois à 2 ans (l’homme ou la femme, au choix des parents). Ce congé entraîne un décrochage, une perte de motivation, une perte de liens avec le monde du travail. Aujourd’hui, il y a un débat en France sur le rééquilibrage des congés entre l’homme et la femme (avec incitation financière pour les hommes) projet de loi discuté mais pas encore mis sur papier. Dans les pays nordiques, les congés maternités sont plus longs et permettent aux femmes de mieux s’organiser et de se préparer à la reprise du travail. De plus, c’est une vraie bataille de retrouver son poste après un congé maternité (CDD de remplacement, mise au placard, baisse de qualification, …).